Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog botanique de Nanie, petit à petit : un micro jardin urbain en expérimentation

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

30 Août 2021 , Rédigé par Nanie Publié dans #VISITES VERTES

Petite visite verte de l'été. 

Après la visite à Espelette en 2020 (en lien ci dessous), voici la "visite verte" de l'été. 

Il y a de très nombreuses "visites vertes" à effectuer en été, période où les jardins sont les plus beaux ...mais mes accompagnateurs ne sont pas tous aussi féru de plantes que moi. 

Il n'y aura donc eu qu'une visite, mais une visite intéressante et éclairante sur de nombreux points : celle du jardin médiéval d'Uzès (dans le Gard). 

Il s'agit d'un jardin caché dans un bâtiment médiéval, entouré de murs épais en pierre et de fraîcheur. 

Un jardin des simple y a été installé par ses résidents successifs qui y ont cultivé des plantes médicinales aux vertus spécifiques à l'époque où la médecine était une discipline un peu "approximative". 

Cet art des soins par les plantes était d'ailleurs souvent associé à de la sorcellerie en raison des pouvoirs que les jardiniers, souvent des femmes, s'octroyait à soigner des maux venus "d'en haut"...

Bref, si le jardins des simples cultivés par le moines était bien perçu, le même jardin cultivé par des femmes était jugé suspect. 

Ce "jardin des simples" vise à soigner ou apaiser un maux avec une plante, d'où le terme de "simple". C'est un traitement simplifié, bien loin des molécules chimiques complexes que nous absorbons aujourd'hui. 

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes
la mauve comme la guimauve ont un effet émollient et adoucissant. La verveine officinale aussi appelée "herbes aux sorciers" était considérée comme analgésique et comme une "potion magique"
la mauve comme la guimauve ont un effet émollient et adoucissant. La verveine officinale aussi appelée "herbes aux sorciers" était considérée comme analgésique et comme une "potion magique"
la mauve comme la guimauve ont un effet émollient et adoucissant. La verveine officinale aussi appelée "herbes aux sorciers" était considérée comme analgésique et comme une "potion magique"

la mauve comme la guimauve ont un effet émollient et adoucissant. La verveine officinale aussi appelée "herbes aux sorciers" était considérée comme analgésique et comme une "potion magique"

La sauge soigne presque tout, et la sauge sclarée est aussi appelée "la toute bonne". La sauge verveine soignerait les maux de ventre.
La sauge soigne presque tout, et la sauge sclarée est aussi appelée "la toute bonne". La sauge verveine soignerait les maux de ventre.

La sauge soigne presque tout, et la sauge sclarée est aussi appelée "la toute bonne". La sauge verveine soignerait les maux de ventre.

La melisse est aussi appelée "herbe des jeunes filles", c'est une apparition interessante.

La melisse est aussi appelée "herbe des jeunes filles", c'est une apparition interessante.

Sans faire un tour exhaustif de ce jardin (qui compte 450 variétés de plantes), de nombreuses plantes encore cultivées aujourd'hui et souvent des plantes anciennes que nous redécouvrons, sont visibles. 

Ce jardin montre les plantes et leurs usages : alimentaire/potagères/condimentaires, tinctoriales (teinture) et textiles (fibres à tisser) ou encore "magique" (pour leurs vertus de potions ou de poison selon l'usage ou le dosage). 

Les tissus colorés comme les peintures, étaient bien avant l'invention des colorants artificiels modernes, colorés grâce aux plantes dont les professionnels ont progressivement appris a créer puis fixer la teinte.

Ce jardin en propose toute une série.

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Au moyen âge et jusqu'au XVI siècle, les légumes cultivés étaient également bien différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui, et que les professionnels de l'agriculture ont sélectionné, trié et conservé pour une productivité plus importante. 

L'épinard (aujourd'hui de grande taille, on trouve facilement des graines de "géant d'hiver" ou du "mammouth") était nettement plus petit. Le précurseur de l'épinard était le "chénopode du bon Henri", que certains jardiniers cultivent encore. 

Mais on mangeait plus simplement les fleurs et herbes autosomes auxquelles on préfère aujourd'hui les "salades blondes paresseuses "énormes cultivées avec amour. Mais une salade de pissenlit, d'ortie ou de mauve, était courante et fournissait un repas après une mauvaise saison, voire une famine...

Quant aux céréales, on consommait du sarrasin ou de l'épeautre (qui connaissent un certain regain d'intérêt aujourd'hui). 

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes
Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Parmi les légumes condimentaires présentés, on note le raifort (une racine au gout puissant, ressemblant de loin à de la moutarde), de la marjolaine, de l'estragon ou encore du safran (un épice connu de longue date donc...)

Une visite dans un" jardin des simples", à UzesUne visite dans un" jardin des simples", à Uzes
Une visite dans un" jardin des simples", à UzesUne visite dans un" jardin des simples", à Uzes
Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Parmi les curiosités de ce jardin médiéval, j'ai aussi relevé cette plante étonnante (et dont Xavier Mathias parle aussi dans son ouvrage "le potager d'un frimeur") : les larmes de Job.

Ce plant bien que non spécifiquement spectaculaire a un atout curieux : ses graines sont naturellement percées, ce qui donne l'occasion d'en faire des perles naturelles. 

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes
Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Il y a aussi un coin attribué aux plantes "magiques" ou toxiques. 

Si on connait la mandragore (à la silhouette caractéristique d'homme rabougri), l'hellébore (ou rose de Noel) , la cigüe, ou la belladone, il se trouve que la verveine officinale bien cachée sous un nom innocent, serait neurotoxique....Elle est aussi appelée "herbes aux sorciers", et serait un ingrédient de choix pour la fabrication de potions d'amour. 

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Pssst ! pour l'ultime anecdote, j'ai trouvé à plusieurs reprises dans des jardins des simples comme en pleine nature dans la guarrigue, de la sarriette des montagne (aussi appelé sarriette vivace ou poivre de l'âne).

C'est une herbe essentielle au mélange traditionnel des "herbes de Provence" (qui contient aussi du thym, du romarin et de la marjolaine), que je tente des faire pousser en vain depuis belle lurette.

Et lorsqu'on en cherche plus, on en trouve...

Son parfum est étonnant, elle sent..la garrigue (et l'été) et bien d'autres choses encore. 

Une visite dans un" jardin des simples", à Uzes

Au sujet des "herbes de Provence", j'ai aussi enfin trouvé la différence entre la marjolaine et l'origan,  des cousins très proches et difficilement identifiables. Il suffit de regarder les images...

la marjolaine a des fleurs blanche et l'origan des fleurs roses !
la marjolaine a des fleurs blanche et l'origan des fleurs roses !

la marjolaine a des fleurs blanche et l'origan des fleurs roses !

Bref, c'était une visite instructive loin des jardins d'agrément à la française, fleuri et taillés au cordeau.

C'est un jardin caché, cultivé par des amateurs passionnés et qui ont eu la générosité de le proposer à la visite (et de proposer aux visiteurs  une infusion des plantes du jardin), et aussi de proposer des graines des plantes présentes dans ce jardin. 

Faut il préciser qu'il a été impossible de ne pas en acheter un sachet. 

Il se pourrait donc bien, que de la "verveine officinale" ( aussi appelée "herbes de sorcières"), rejoigne le micro jardin urbain l'année prochaine...

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article